Stratégie de Mobilisation et de Développement
des Ressources en Eau en Tunisie (1990-2000)
Objectifs
Programme de mise en uvre
Principales études
dans le secteur de l'eau
Les orientations
stratégiques à long terme
Programme d'action
future
Objectifs
L'exploitation des ressources en eau conventionnelles en Tunisie
atteindra ses limites dans un proche avenir. Consciente de cette situation,
la Tunisie s'est engagée dans une stratégie qui consiste
à développer la ressource et assurer une meilleure maîtrise
de la demande dans les divers secteurs socio-économiques. Les
principaux objectifs de cette stratégie sont :
La desserte de l'ensemble de la population tunisienne en eau potable.
L'extension des superficies irriguées et la rationalisation de
l'utilisation des eaux d'irrigation.
La satisfaction des besoins industriels, touristiques et environnementaux.
La protection contre les inondations et les effets de la sécheresse.
L'exploitation durable et équitable des ressources en eau et
leur préservation contre toute forme de pollution.
Pour atteindre ces objectifs, un ensemble de mesures
a été arrêté. Il s'agit de :
Mobiliser l'ensemble des ressources en eau de surface mobilisables;
Exploiter l'ensemble des ressources en eau souterraines exploitables;
Identifier de nouvelles ressources dans les zones où les eaux
de surface ne sont pas encore suffisamment maîtrisées et
les eaux souterraines pas complètement reconnues;
Entreprendre une politique d'économie d'eau et d'utilisation
d'eaux non conventionnelles, comme les eaux usées traitées
à des fins agricoles;
Suivre l'évolution de la qualité des ressources en eau
au même titre que la qualité;
Développer l'action de recharge artificielle des nappes.
Tout en poursuivant la mobilisation de nouvelles ressources en eau,
la Tunisie a déjà entamé plusieurs réformes
dans le secteur de l'eau qui visent à introduire progressivement
une politique de gestion de la demande consistant en ce qui suit :
Programme de mise en uvre
Ce programme comprend :
La réalisation de 1150 forages de reconnaissance pour mobiliser
170 Mm3 comme nouvelles ressources et 1110 forages d'exploitation pour
la mobilisation de 290 Mm3.
La réalisation de 1300 piézomètres pour le suivi,
le contrôle et la gestion des nappes d'eau souterraines.
Le renforcement et le développement des réseaux de mesures
pour l'amélioration de la qualité du suivi et de l'évaluation
de la ressource.
La recharge artificielle des nappes considérée, depuis
le début de la stratégie, comme une action de mobilisation
et de préservation. Dans ce cadre, plus de 300 Mm3 d'eau ont
pu être rechargés à partir des eaux de surface excédentaires.
La mise en place des systèmes de tarification adaptés
aux secteurs de l'eau potable et de l'irrigation, dans le but d'améliorer
le recouvrement des coûts et d'inciter à la valorisation
économique de la ressource disponible.
Le développement des programmes d'économie de l'eau dans
les secteurs de l'eau potable et de l'irrigation, pour une meilleure
préservation de la ressource.
La participation active des usagers à la gestion de l'eau au
moyen des groupements d'intérêt collectif.
La valorisation des ressources en eau non conventionnelles par la réutilisation
des eaux usées traitées en agriculture et le dessalement
des eaux saumâtres pour les besoins de l'eau potable.
Protéger la qualité des ressources contre la pollution
par un vaste programme d'assainissement
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Principales études dans le secteur de l'eau
Pour mieux avancer dans la mise en
place de cette nouvelle stratégie et préciser les aspects
afférents à l'ajustement de l'offre et de la demande,
les aspects économiques, financiers, environnementaux et institutionnels
; la Tunisie a élaboré plusieurs études dont les
plus importantes sont les suivantes :
Etude " Economie de l'eau " (1990-1995) : ayant pour objectif
fondamental de proposer une stratégie de gestion d'eau permettant
de répondre à la demande en eau sur les plans national
et régional au cours des prochaines décennies.
Etude sur " la stratégie des ressources naturelles "réalisée
dans l'objectif de concevoir l'évolution d'une exploitation rationnelle
et durable des ressources naturelles du pays.
Etude sur " la stratégie du secteur de l'eau à long
terme (2030) " : vise à identifier l'évolution de
l'offre et de la demande en eau jusqu'à l'horizon 2030, et les
enjeux futurs de l'eau en Tunisie. En plus, elle a proposé des
mesures et des actions permettant de retarder le plus longtemps possible
le recours intensif aux eaux non conventionnelles coûteuses.
Etude du secteur de l'eau : a pour objectif d'analyser les problèmes
clés de la gestion des ressources en eau et d'offrir un certain
nombre d'options à caractère technique, économique
et institutionnel sur lesquelles pourrait être élaborée
une stratégie à long terme de gestion des ressources en
eau.
Les orientations stratégiques à long
terme
L'analyse des problèmes clés de la
gestion des ressources en eau s'articule autour de trois axes stratégiques
:
La gestion de la demande - décentralisation et implication des
usagers
La gestion intégrée des ressources en eau
La préservation de la ressource et protection de l'environnement.
La gestion de la demande
En général, l'expérience mondiale a montré
que la gestion de l'offre et l'absence de la gestion de la demande,
engendrent des décisions sur les investissements qui ne sont
pas liées à la demande actuelle et qui ne sont pas économiquement
rentables sur le long terme.
D'une manière succincte, la gestion de la demande
en eau consiste à imaginer des mécanismes susceptibles
de concilier des objectifs hautement antagonistes, à savoir :
conserver la ressource, assurer l'efficience économique, préserver
l'équité sociale et surtout garantir la faisabilité
politique.
Cette définition de la gestion de la demande de
l'eau et les Rôle respectifs des partenaires (de l'administration
et des usagers) est étroitement liée au contexte suivant
:
Offre limitée de l'eau
· Limites naturelles
· Limites de moyen de mise en uvre
Croissance de développement socio-économique (croissance
des besoins en eau).
La gestion intégrée et conjointe des ressources
Etant donné que les eaux de surface se distinguent
par l'aspect hautement aléatoire, le stock disponible des nappes
souterraines peut accroître substantiellement l'offre durant les
années sèches. Le surplus des eaux de surface des années
humides peut compenser, par une recharge artificielle, la surexploitation
des nappes phréatiques durant les années sèches
et éviter ainsi toutes les retombées négatives
qui découlent de toute baisse du niveau piézométrique
de ces nappes et de la dégradation de leur qualité.
Le recours à des ressources en eau non conventionnelles, les
eaux usées traitées (EUT) et les eaux salines deviendront
de plus en plus obligatoires surtout lorsqu'il y a une pénurie
installée et les problèmes de restrictions d'offre. L'objectif
global de la gestion intégrée des ressources en eau est
la capacité d'exploiter l'eau provenant d'une source quelconque
destinée à une utilisation quelconque sans avoir à
respecter une origine précise. Dans le but d'atteindre cet objectif,
il est nécessaire de mettre en place une qualité consistante
et acceptable pour des utilisations diverses.
L'aboutissement de la gestion intégrée
repose sur deux faits :
La convergence économique (développement des structures
de la demande, mise à disposition et tarification) de la gestion
des ressources alternatives.
Les investissements dans les infrastructures nécessaires (transfert
et distribution, traitement, recharge des nappes, etc.) et les moyens
de gérer les systèmes intégrés.
La conservation qualitative et quantitative des
ressources en eau et des écosystèmes devient d'une importance
cruciale. L'exploitation des ressources en eau aura inévitablement
des effets négatifs sur les écosystèmes. La stratégie
devra trouver les mesures adéquates à prendre pour réduire
la pollution des cours d'eau, des nappes et du littoral par toutes sortes
de polluants et évaluer les coûts.
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Programme d'actions futures
Achèvement du programme de mobilisation des ressources en eau
Gestion intégrée des ressources en eau
Gestion de la demande en eau
Développement des ressources non conventionnelles
Préservation et protection de la ressource.
Pour la réalisation de ce programme, un grand
projet à été lancé depuis 2001; il s'agit
du Projet d'Investissement dans le Secteur de l'Eau (PISEAU, 2001-2005)
.
Objectifs et description du projet PISEAU
Le Projet d'Investissement dans le Secteur de l'Eau
(PISEAU, 2001-2005) est le premier de deux projets consécutifs
intégrés au 10è Plan de développement, pour
mettre en place une série de réformes et d'investissements
visant à appliquer des méthodes de gestion de la demande
conformes à la nouvelle stratégie pour le secteur de l'eau.
Le PISEAU comprend 5 composantes principales, trois de celles-ci (1,2
et 4) sont des composantes d'investissement, les deux autres composantes
(3 et 5) venant en appui à ces dernières.
Composante n° 1 : Gestion de l'irrigation.
Cette composante comprend :
La création de petits périmètres irrigués
(PI) sur forages.
La création de périmètres irrigués pilotes
à partir des eaux usées traitées (PI-EUT) .
La modernisation et la réhabilitation de petits et moyens périmètres
existants.
La réhabilitation des PI par des eaux géothermiques.
Des installations de drainage des PI.
L'électrification des sources d'eau et des forages (pour eau
potable et/ou l'irrigation) en vue de réduire les coûts
énergétiques et d'entretien.
La création de points d'eau pour consolider les infrastructures
hydrauliques sur les parcours.
La création de forages d'exploitations.
La création de périmètres d'épandage des
eaux de crue.
Composante n° 2 : Gestion des eaux souterraines. Cette composante
financera :
La création de forages d'exploitation et les piézomètres.
La protection et la réhabilitation des forages et piézomètres
existants.
Le développement de l'infrastructure de recharge artificielle
des eaux souterraines à partir des eaux de surface.
Le financement des activités pilotes de recharge artificielle
à partir des EUT.
Le financement d'un certain nombre de projets expérimentaux/de
recherche destinés à renforcer la collaboration entre
plusieurs directions du Ministère de l'Agriculture et autres
entités.
Composante n° 3 : Conservation de l'eau et protection de l'environnement.
Au titre de cette composante, le projet sera axé sur deux activités
principales :
Le suivi des ressources en eau (qualité et quantité).
La protection des ressources en eau et des sols. Le PISEAU aidera à
définir un certain nombre de sous-projets et d'activités
de recherche.
En actualisant l'inventaire des principales sources de pollution "
points chauds " et en établissant un réseau de suivi
de la qualité des eaux.
En finançant les campagnes d'information, d'éducation
et de sensibilisation.
En élaborant de nouvelles dispositions institutionnelles de gestion
des problèmes de pollution de l'eau.
Composante n° 4 : Alimentation en eau potable. La composante
d'alimentation en eau potable rurale a pour but la fourniture d'eau
potable à 100.000 habitants environ et sera mise en uvre
sur une période de trois ans (2001 - 2003) comme élément
de la stratégie gouvernementale visant à élargir
l'accès à l'eau potable de 78 % à 90 % des zones
rurales avant la fin du 10e Plan (2006).
Composante n° 5 : Renforcement des institutions et des capacités.
Le passage d'une stratégie de gestion de l'offre à une
stratégie de gestion de la demande dans le secteur de l'eau requiert
de nouvelles capacités et compétences pour la mise en
uvre du PISEAU 1 et plus tard du PISEAU .
A cette fin, la composante facilitera le développement de nouvelles
compétences (économie de l'eau, systèmes d'information,
culture client et marketing , gestion participative, maintenance, etc...)
pour la plupart axées sur la planification et la gestion de la
demande dans le secteur de l'eau, tout en renforçant la capacité
du Ministère de l'Agriculture (MA) dans les domaines qui demeureront
toujours sous son égide, à savoir la réglementation,
le contrôle et la planification stratégiques. Le PISEAU
facilitera également la création d'une Unité Socio-économique
au sein du Ministère, qui pourrait ultérieurement évoluer
pour devenir une unité de réflexion et de planification
intersectorielle. Un important effort de renforcement des capacités
sera également financé en faveur des Groupements d'Intérêts
Collectifs (GIC), des organisations non gouvernementales (ONG) et des
entreprises privées opérant dans le secteur de l'eau.

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